Le Vendômois

Semaine de l'industrie 2017 : un environnement respecté

La Semaine de l'industrie a été l'occasion, pour l'entreprise MINIER de présenter deux des réalisations dont elle est, à juste titre, très fière et dont la NR et le Mille-Pattes nous rendent compte.

Un ponton-observatoire unique en Vendômois

par la Nouvelle République

Observer les oiseaux les pieds dans l’eau, voilà qui est nouveau dans le Vendômois. Du moins pour les élèves des écoles qui souhaiteront en profiter.

 

Si le site reste privé, il est d'ores et déjà ouvert à toutes les écoles qui le souhaiteront. Et, dans l'avenir, pour des animations en lien avec des associations naturalistes. C'est la proposition du carrier vendômois Francis Minier qui vient de faire construire un ponton-observatoire au bord du plan d'eau de Riottes, à Naveil, près du chemin de la Foucaudière et inauguré vendredi après-midi.

Un site bien connu des pêcheurs notamment de carpes, des promeneurs avertis et bientôt par des jeunes en quête d'informations sur la faune locale.

120 espèces d'oiseaux recensées

Ce projet privé a été conduit en lien avec les associations spécialisées que sont Perche Nature et la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), toutes deux représentées, vendredi, lors de l'«inauguration », suivie notamment par Claude Bordier et Jean-Yves Menard, maires de Naveil et de Villiers, et par Magali Marty, présidente du Cercle des entreprises du Vendômois.
Les conseils des deux associations naturalistes se sont révélés essentiels pour bien choisir le lieu d'implantation et le type de matériaux utilisés. C'est donc par un couloir encadré par des parois de bruyères qu'on arrive à l'observatoire construit en planche d'aulnes et fiché dans le sol au-dessus de l'eau par des pieds d'acacia.aux pointes métalliques. La réalisation a été confiée à l'entreprise ETH Bâtiment de Stéphane Tessier.
Si l'observatoire proprement dit se situe sur le territoire de Villiers, le plan d'eau s'étend en partie sur Naveil et sur Villiers avec une partie restée privée. En effet, il est né du creusement des carrières par l'entreprise Minier, alors dirigée par Marcel Minier.
A proximité, le site abrite également « l'îlot aux sternes pierregarain », aussi appelées hirondelles des mers ou goélettes ou encore estorlets. « C'est un lieu très important pour la nidification puisque sept couples ont pu être observés », précise Jean Niel, membre actif de Perche Nature.
Et d'affirmer que ce sont près de 120 espèces d'oiseaux qui ont été recensées sur le plan d'eau des Riottes dont des cygnes, des grèbes, des foulques, diverses espèces de canards et surtout nombre de migrateurs qui trouvent là une belle et tranquille étape lors de leur voyage.
Vendredi, Lucile, 11 ans, élève de CM2 de Naveil, au nom de sa classe, remettait à Francis Minier un dessin et des photos d'un séjour en classe de neige à Vars en guise de remerciement. Désormais, prête à regarder les oiseaux… d'un autre œil.

Édith Van Cutsem
 
 

Couture : La biodiversité s'épanouit sur le site d'une ancienne carrière

par le Mille-Pattes
 

Lors de la « Semaine de l’industrie », au lendemain de la conférence consacrée au « Développement durable dans les entreprises du Vendômois », le programme proposait la visite, à Couture, d’ une ancienne carrière exploitée par le groupe Minier, réhabilitée par celui-ci et acquise, il y a deux ans, par le Conservatoire d’espaces naturels du Loir-et-Cher. Cette association, créée en 1987 a pour but de « protéger durablement les milieux naturels remarquables en procédant par acquisition, convention ou location … Les membres de la structure apportent leur connaissance des milieux et des espèces… Son objectif est de préserver et de restaurer la biodiversité, ainsi que de valoriser les sites auprès du public. »

A Couture, le site de la Varenne de Chevelu a une superficie de 19ha ; nous avons pu en parcourir une partie en compagnie de Francis Minier, de Jean Niel de l’association « Perche Nature » et de Dimitri Multeau, chargé de mission patrimoine naturel au Conservatoire.

« En 1992, nous a rappelé Francis Minier, « Perche Nature » avait fait appel à nous pour sauver une des dernières colonies de pélodytes ponctués, de petits amphibiens, autrefois très nombreux dans la région, mais inscrits depuis sur la liste rouge des espèces menacées. Les spécimens avaient été repérés dans une carrière qui fermait à Thoré-la-Rochette et il était urgent de leur procurer un nouvel habitat. Ce fut chose faite en quelques jours à Couture. » Le pélodyte est un petit crapaud à la peau de couleur claire tachetée de vert foncé (d’où son surnom de « crapaud persillé »). Ces animaux ont sans doute apprécié ce transfert car la carrière étant alors en cours d’exploitation, le milieu était perturbé, ce qui leur convient particulièrement. Le pélodyte vit une quinzaine d’années ; les spécialistes savent où il vit et où il se reproduit sur le site, mais ils n’ont pu jusqu’à présent déterminer avec certitude l’endroit où il hiverne.

Si la protection du pélodyte relève naturellement des missions du Conservatoire, le site, réhabilité par les soins de l’entreprise Minier, en collaboration avec les associations de protection de la nature, notamment « Perche Nature » , est d’une richesse exceptionnelle. On y a aménagé plusieurs plans d’eau de dimensions et de profondeurs diverses, une saulaie qui abrite de nombreux insectes, un herbier aquatique propice au développement de différents amphibiens… De l’ancienne carrière, il ne reste rien ; tout l’espace a été revisité pour rendre ses droits à la nature , aux animaux qui la peuplent et aux plantes qui y prospèrent. De nombreuses espèces d’oiseaux (plus d’une centaine) y nichent, y vivent ou y font un passage. A cet égard, en 2015, le Conservatoire , avec le concours de l’entreprise Minier, a construit une île caillouteuse dans le plus grand des plans d’eau pour que les sternes puissent s’y reproduire. En longeant les étangs et les mares et en évitant de faire trop de bruit, on peut observer différentes populations telles que : les canards col vert, les milouins, les hérons, les aigrettes, les pies-grièches écorcheurs (dans les buissons), les foulques, les grèbes huppées, les cygnes, etc… et, dans certains fronts de taille aménagés en bordure des plans d’eau, des hirondelles des rivages.

Plusieurs types d’insectes prolifèrent également ; il est non seulement nécessaire de les préserver dans l’intérêt de la biodiversité mais également parce qu’ils constituent une sorte de « garde-manger » pour d’autres animaux présents sur le site. En 2016, une étude réalisée à la Varenne de Chevelu a permis de découvrir une nouvelle espèce de punaise aquatique.

L’endroit recèle également diverses sortes de reptiles, orvets, couleuvres… mais aucune vipère n’y a été observée.

Des petits mammifères sont également présents : lapins, campagnols… et, comme partout à proximité des plans d’eau, des ragondins qui non seulement fragilisent les berges mais également dévorent et détruisent l’herbier aquatique.

Il y a donc sur ce site, encore en cours d’aménagement pour en faciliter la visite, une biodiversité foisonnante que le Conservatoire d’espaces naturels s’emploie à préserver et à mettre en valeur. Pour le faire connaitre, Il y organise des visites pour les scolaires comme pour les adultes . Ce lieu constitue un bel exemple de la fructueuse collaboration qui peut être développée entre une entreprise qui a, depuis longtemps, placé parmi ses objectifs prioritaires, la remise en état des sites utilisés et la préservation de la nature, et les organismes qui oeuvrent pour la sauvegarde de la biodiversité.